Le pacte du Prophète Muhammad avec les Chrétiens du monde

Le pacte du Prophète Muhammad avec les Chrétiens du monde

[TESTAMENT DE MAHOMET QUE LES TURCS appellent sa main ou signature qu’il fit avant mourir en faveur des Chrétiens et en présence des témoins ci-dessous signes qui étaient les disciples et Authentique du Secrétaire ou Notaire public comme vous verrez]

[Traduit par le Père René de l’Escale, Pacifique Scaliger de Provins]

 [Relation du voyage de Perse. Paris : Nicolas et Jean de Coste, 1631]

Mahomet, envoyé de Dieu pour enseigner tous les hommes et pour annoncer le dépôt ou gage divin avec vérité, a écrit ces choses avec vérité, à cette fin que à cause de la Religion Chrétienne la décidée par le même Dieu, demeurait ferme en toutes les parties de la terre Orientale et Occidentale, tant chez les domestiques que chez les étrangers, proche et éloignés, connut et inconnu, a tous lesquels peuples il a laissé ce présent écrit pour alliance inviolable, pour définition de toute controverse, pour loi en laquelle la justice est manifestée, ou l’exacte observation des choses et contenu est étroitement commandée.

Celui donc d’entre les observations de la loi Musulmane qui en négligera l’accomplissement et en violera l’alliance ici contenu, ou l’enfreindra a qui que ce soit des infidèles et transgressera les commandements qui est fait ci-dedans, celui-là, dis-je, fut-il Roi, ou autre fidèle Musulman, il violera le traite de Dieu, s’éloignera de l’accord et méprisera sa volonté ; or par cette alliance par laquelle je me suis engagé et que les Chrétiens ont requise de moi et de tous mes sectateurs Musulmans, à savoir que ce traité divin, cette alliance, ce testament des Prophètes, Apôtres, Élus, Saints, fidèles et bienheureux des siècles passé ou à devenir, fut établi entre eux et moi ; par ce mien testament dis-je que je veux être accompli aussi religieusement comme le Prophète envoyé, ou l’Ange proche de la Majesté est obligé à l’obéissance de Dieu et l’observation de la loi, je promets comme leur juge dans mes Provinces, les défendre avec main armée de Cavaliers, piétons et autres aides fidèles mes sectateurs, les protéger contre tous ennemis, éloigné ou proche, en paix ou en guerre, jusque à ce qu’ils soient en assurance, veiller à la conservation de leurs Églises, Temples et Oratoires, Monastères et lieux destinés au pèlerinage, quelle part du monde qu’ils soient situés, dans les montagnes, valons ou autres, dans les plaines désertes, ou dans leurs propres habitations, je promets de défendre leur Religion et leur bien partout où il seront sur mer ou sur terre, en Orient ou en Occident, avec le même soin que j’ai pour moi et pour la conservation de mon Sceptre et de tous mes peuples fidèles Musulmans.

De plus, je les prendrai dessous ma protection, les soustrairai a toute lésion, dommage et violence ; jusque-là que je partagerai les inimitiés entre eux et moi, tenant pour miennes les offenses qui leur seront faites et ferai guerre à bon escient contre leurs ennemis, empruntant pour cette occasion le secours de mes Sectateurs et faiseurs : aussi la raison veut que les ayant sous ma domination, je les garde et délie de toute infortune, afin qu’ils ne ressentent aucun dommage qui n’ai premièrement frappé les miens que je veux employer à la consommation de cette affaire.

Je promets aussi de délivrer nos alliés des impôts, prêts, ou gabelles dommageables, tellement qu’ils nous satisferont à leur volontés, de manière qu’en ce point ils ne seront jamais mécontents : le Prélat sera maintenu en sa Prélature, le Chrétien ne sera jamais violenté en sa croyance, ni le Moine en sa profession ; le Pèlerin sera libre en son voyage et le Religieux en sa communauté, leurs maisons et Temples ne seront point détruits, n’y quoi qu’il arrive donner pour l’usage des édifices & Temples Musulmans ; et si quelques-uns contreviennent à ces choses, c’est au préjudice du traité de Dieu, de l’autorité de notre messager, et de son testament.

Que l’on n’impose aucun tribut, a Evêque n’y a Moine, ni a aucun de ceux qui ne sont pas obligés, si ce n’est de leur contentement et le droit qui se lèvera sur les riches marchands, plongeurs de perle, fossoyeurs de mines d’or, d’argent et de pierres précieuses, et sur les Chrétiens riches et opulents, n’excèdera douze deniers annuellement, à condition encore qu’ils soient habitants, constants et perpétuels du même lieu, car les passants circonvoisins, et autres dont la patrie est inconnu ne sont obligé au payement de telles daces et gabelles sinon qu’ils possèdent des immeubles ; mais pour celui que l’équité oblige de payer argent à l’Empereur il donnera à la mesure des autres, non d’avantage et ne lui sera rien demandé par-dessus ses forces ; celui semblablement qui sera obligé pour sa terre, ses édifices et revenus, ne soit surchargé par-dessus l’ordre, n’y contrait à payer plus de tribut que les autres tributaires de même condition.

Nos dits alliés ne seront tenus de faire des sorties sur les ennemis en faveur des Musulmans, car ce n’est pas du devoir des confédérés de s’entremettre des affaires de la guerre, vue qu’à cette fin on a traité pour eux pour les relever des fatigues d’icelles, mais bien plutôt les Musulmans en prendront le soin et les garderont qu’ils ne soient point forcés de venir à les mêlées, au rencontre ou au choc des ennemis, n’y de fournir armes ni chevaux, sinon qu’ils ne soient poussés a cela par un excès de bonne volonté et celui qui l’aurait fait volontairement qu’on lui en sache gré, et soit récompense pour un tel bénéfice.

Aucun Musulman ne rendra déplaisir aux Chrétiens et ne débattra avec eux sinon par les bienfaits, et pour les vaincre de courtoisie, mais les recevra selon tous les droits d’humanité possible et prendra bien garde de les molester ou fâcher en quelque lieu ou rencontre que ce soit ou ils les pourraient avoir offenses.

Si quelqu’un d’entre les Chrétiens tombe en faute ou crime, le soin et la charge du Musulman sera de le corriger, assister, agir pour lui, se rendre plege pour la faute commise, et adoucir la cause de son infortune : à cet effet le Musulman aura pouvoir de lui rédimer la vie, d’autant que par le traité divin nous avons pactisé de la façon entre nous, à ce qu’ils les jouissent des biens dont jouissent les Musulmans et participent également parties entre eux conformément a l’accord, que nous n’avons su refusé à leur justes demandes et aux soins que nous devons apporter pour la confirmation d’icelui. Vous serez tenu d’éloigner d’eux tout malheur et exercer envers eux tous les devoirs de l’amitié afin que les Musulmans partagent avec eux la prospérité et l’adversité.

Quant à ce qui regarde les mariages, qu’ils prennent garde sur tout que les Chrétiens ne soient pas molestes, que les jeunes filles Chrétiennes ne procurent point de faire induire par force leurs parents a les épouser a un Musulman et s’il arrive que lesdits parents refusent leurs fils ou leurs filles a un Musulman, que pour cela ils ne reçoivent aucun déplaisir, car c’est une action toute volontaire. S’il arrive pourtant que la femme Chrétienne s’allie par le mariage à la maison d’un Musulman, il sera tenu lui permettre liberté de conscience en sa Religion, de telle sorte qu’elle puisse suivre les mouvements de ses pasteurs et s’attacher sans obstacle aux enseignements de sa foi ; à ce sujet il ne la tourmentera point et ne la menacera du divorce et ne la sollicitera aucunement d’abandonner sa Foi , s’il le fait, l’offensant en ces choses ci-dites il rompra avec Dieu, mettra son traité en arrière et résistera a l’accord de son Nonce et messager, pour être du nombre des réfractaires et mensongers. 

Davantage, quand les Chrétiens auront volonté de remettre les Églises ruinées, Monastères et quoi que ce soit qui touche la Religion, s’ils ont besoin de l’assistance et largesse des Musulmans, pour semblables réparations, ils doivent départir libéralement leurs biens a la mesure de leurs forces, non avec pensées de le redemander comme chose due, mais gratuitement en faveur de leur Foi, ayant devant les yeux l’obligation qui les a lié à l’accomplissement du traite de Dieu et de son armée. Quand aucuns d’eux se rencontreront parmi les Musulmans qui ne les violentent point, les ayant en haine les forçant à porter leurs lettres et servir de guides des chemins, ou les travaillants de quelque autre manière, car celui qui exercera telles tyrannies contre le moindre, il est oppresseur, ennemi du messager envoyé de Dieu et désobéissant a ses volontés. Ce sont les pactes et conventions faites entre Mahomet envoyé de Dieu et les Chrétiens.

Quant aux conditions pour l’observance desquelles je lis leur foi et les consciences, ce sont celles qui suivent : Qu’ouvertement ni secrètement les Chrétiens ne cachent ni recèlent aucun soldat adversaire des Musulmans : qu’ils ne mettent a couvert leurs ennemis : qu’ils ne les souffrent dans leurs quartiers et maisons sacrées : qu’ils n’assemblent point leurs forces avec celui du Camp ennemi des Musulmans, leur suppliant armes, chevaux et hommes : qu’ils ne prennent gage d’eux, ni se rendent créanciers ou débiteurs ; mais qu’ils se ramassent en un lieu pour se conserver eux-mêmes et combattre en faveur de leur vie et Religion : qu’ils ne refusent a aucun Musulman l’aliment et nourriture de trois jours pour eux et leur cheval : Mais pour une plus grande preuve d’affection ils leur changeront les viandes et s’efforceront ainsi d’adoucir leurs peines, fatigues et amertumes : et si un Musulman est contraint de se cacher en leur maison, ils le sauveront et conserveront affectueusement, et le relèveront de la calamité qui l’oppressera, le celant a l’ennemi et ainsi ils satisferont à leur obligation.

Quiconque violera la moindre de ces conditions, et fera autrement, il sera frustré des immunités comprisses dans ce Testament de Dieu et de son Messager et jugé indigne de jouir des privilèges libéralement concèdes en faveur des Prélats, Moines et Chrétiens par les Édits de l’Alcoran aux observateurs d’icelui. C’est pourquoi je conjure mon peuple au nom de Dieu et de son Prophète qu’il ait à observer fidèlement ces choses et les accomplir par œuvre en quelle part du monde où ils se rencontreront et le Nonce de Dieu les récompensera pour ces choses, l’observance perpétuelle desquelles il leur recommande sérieusement jusques au dernier jour du Jugement et de la résolution du monde.

De ces conditions que Mahomet envoyé de Dieu a passé avec les Chrétiens et auxquelles il les a réciproquement obligé, sont témoins :

Abu-Bacri assadicq

Omar ben-alchatab

Othman ben Afan

Ali ben-abi-taleb

Moauia ben-abi-Sofian

Abu-addarda

Abu-adrin

Abu-horain

Abdalla ben-Masud

Abdalla ben-alabass

Hamza ben-abdi Imottaleb

Fodail

Zaido ben-thabet

Abdalla ben-zaid

Harfus ben-zaid

Alzobair ben-alüam

Saaed ben-moad

Thabet ben-cais

Asamet ben-zaid

Othman ben-matun

Abdalla ben-omar-alass

Aben rabiaa

Hasan ben-thabet

Giafar ben-abi-taleb

Aben Alabbas

Talha ben-abdalla

Saad ben-abade

Zaido ben-arcam

Sahal ben-baida

Daud ben giobair

Abu alaalia

Abu-ahrifa ben-osair

Hacschem ben-affia

Omar ben-iamin

Caab ben-malec

Caabben-caab

Tous lesquels puissent être gracieux devant Dieu. 

Or le Secrétaire de ce Testament a été Moauia ben-abit-Sofian, Garde du Nonce de Dieu : Et fut fait un Lundi le dernier jour du quatrième mois de l’année, en la ville de Médine. Plaise à Dieu rémunérer et récompenser tous ceux qui ont atteste et signe cet écrit. Louange à Dieu Seigneur de toutes les Creatures.

[FIN]